Archive

Archive for the ‘Comment publier ?’ Category

Devenir son propre éditeur


Mise à jour du 22 mai 2012 : Un nouveau service d’auto-édition destiné à tous les auteurs souhaitant s’auto-éditer vient d’être créé par Clément Hourseau.

Vous souhaitez publier votre ouvrage sans avoir besoin de céder vos droits à une maison d’édition (compte d’éditeur) et vous ne voulez surtout pas tomber dans le piège de l’édition à compte d’auteur. Dès lors, ne voyant aucune autre solution s’offrir à vous, vous pensez que vous allez devoir choisir, la mort dans l’âme, l’une d’entre elles. En effet. Mais c’est sans compter sur l’auto-édition. Pourquoi ne deviendriez-vous pas, tout simplement, votre propre éditeur ?

L’auto-édition, comme son nom l’indique, signifie que vous vous éditez par vous-même. Vous conservez le contrôle sur l’ensemble des étapes de la création de votre ouvrage, de son écriture jusqu’à sa vente. Vous ne cédez pas ses droits à un tiers, vous n’avez de comptes à rendre à aucune maison d’édition, vous êtes la seule personne à décider ce qu’il va devenir. En contre-partie de tout ceci, c’est à vous d’effectuer l’ensemble des démarches nécessaires et obligatoires (légales) avant publication.
Dès lors, il est évident qu’il ne faut pas choisir l’auto-édition en tant que « dernier recours ». Il doit s’agir d’une décision pesée et réfléchie. Voici donc les étapes nécessaires (et imposées par la loi pour certaines) qui vous permettrons de mener vous-même votre ouvrage jusqu’à sa publication et sa mise en vente.

La mise en page – Tout d’abord, les règles à suivre une fois l’écriture de votre ouvrage terminée s’appliquent de la même façon que si alliez le présenter à un éditeur. Ensuite, la mise en page dépendra partiellement de vous. Pour un néophyte, c’est une étape qui pourrait sembler simple et rapide. Pourtant il n’en est rien. Cela vous demandera un certain temps pourvue qu’elle soit réalisée correctement. Avant toutes choses, décidez de la police d’écriture que vous allez « offrir » à votre ouvrage. Les plus classiques « Arial » et « Time new roman » feront l’affaire sans aucun problème. Si vous préférez en choisir une autre, rien ne vous l’interdit. Gardez tout de même à l’esprit que la police choisie doit être sobre, claire et parfaitement lisible. Quant à sa taille, adaptez-là. Elle se doit d’être assez gosse pour être lue sans soucis par n’importe quel lecteur, tout en étant suffisamment petite pour ne pas trop augmenter le nombre de pages (ce qui a un coût écologique, mais aussi financier lorsque vient le moment de l’impression des exemplaires).

Il vous faudra ensuite organiser les pages de votre futur ouvrage. Contrairement à tout ce qui touche à la police d’écriture, cette étape ne vous laisse que peu de marge de manoeuvre puisqu’elle est standardisée pour n’importe quel ouvrage. Rien ne vous empêche de la modifier à votre guise, mais vous prendriez le risque de détourner un grand nombre de lecteurs potentiels qui pourraient y voir une forme d’amateurisme, ou tout simplement de l’appréhension du fait de la « nouveauté ».
Ainsi, les deux premières pages (la première feuille recto/verso) doit rester vierge. Vous n’y inscrivez rien du tout. La page suivante (à droite, page numéro 1 mais non numérotée*) sera celle où est écrit le titre de votre ouvrage. Sur son recto (page numéro 2, toujours non numérotée*) se trouveront les informations légales suivantes :

. Nom et prénom du/des auteur(s) de l’ouvrage (y compris l’auteur de la couverture)
. Licence sous laquelle est publié l’ouvrage (copyright, creative commons…)
. Adresse de l’auteur auto-édité
. Numéro ISBN
. Prix de vente
. Pays d’impression et nom de l’imprimeur
. Date du Dépôt Légal effectué auprès de la BnF (Bibliothèque nationale de France)

La feuille suivante (pages 3* et 4*) reste vierge. La page 5* (page de droite) est celle où vous pouvez placer votre sommaire si vous souhaitez en mettre un. La page 6* est vierge et ce n’est qu’à partir de la page numéro 7** (page de droite) que votre ouvrage débute réellement. Soit par une préface ou une introduction, soit par le récit lui-même.
Sachez qu’un chapitre commence toujours sur une page paire (page de droite). Dans le cas où le précédent se termine sur une page paire (page de gauche), afin de ne pas surcharger votre ouvrage, laissez deux pages blanches et débutez le nouveau chapitre sur la page impaire venant ensuite. Par exemple votre premier chapitre se termine page 20 (page paire, donc page de gauche), le suivant ne débutera que page 23 (page impaire, donc page de droite).

*Ces pages sont comptabilisées dans la numérotation globale de votre ouvrage, mais pour respecter la « norme » il n’est pas nécessaire de faire apparaître ces numéros. Si vous ne parvenez pas à « effacer » les numéros de ces pages, la seule répercussion sera d’ordre esthétique.
** Si vous n’avez pas numéroté les pages précédentes, c’est à partir de celle-ci que vous devez commencer à faire apparaître les numéros.

Le numéro ISBN – Le numéro ISBN (International Standard Book Number) est un numéro international permettant de classer les différents ouvrages publiés sur l’ensemble de la planète. En France son obtention est gérée par l’AFNIL (Agence Française pour la Numérotation Internationale du Livre). Elle est totalement gratuite mais peut nécessiter un certain délais (quelques semaines) avant d’être effective. Il est donc préférable de s’y prendre légèrement en avance.
Pour les auteurs auto-édités, la demande s’effectue en remplissant le formulaire « particuliers », qu’il faut ensuite renvoyer à l’AFNIL soit par courrier, fax ou mail. Les différentes coordonnées étant indiquées sur le formulaire, disponible en téléchargement sur le site de l’organisme. Une fois votre numéro reçu, il ne vous restera plus qu’à l’indiquer sur votre ouvrage (voir « La mise en page« ).

La réalisation des couvertures – Etape primordiale de la réalisation d’un ouvrage, les couvertures. Pourquoi « les » ? Simplement parce qu’il en existe deux. La première de couverture ainsi que la quatrième de couverture. Toutes deux jouent un rôle très important lorsqu’il s’agit d’attirer le lecteur puisque ce sont elles (principalement la première de couverture) qui retiennent ou non son attention.
La première de couverture indique le titre de l’ouvrage, le nom et prénom (ou pseudonyme) de l’auteur ainsi que le le nom de l’éditeur (ou de la marque éditoriale). Cette couverture doit attirer l’oeil du lecteur et surtout le conserver. Pour cela il existe deux formes de couvertures. La sobre, souvent un fond blanc sur lequel sont indiquées, de couleur noire, les informations précédemment citées et la « visuelle », qui elle sera graphique. Bien que courantes, ces deux formes de couvertures doivent être adaptées aux ouvrages auxquels elles sont destinées. Il est préférable de favoriser les éléments graphiques pour tout ce qui touche, entre autres, aux genres de la science-fiction et du fantastique. Inversement, un roman d’amour pourra plus aisément se contenter d’une couverture sobre.
La quatrième de couverture est tout aussi importante pour l’ouvrage. Si elle peut être moins « tranchante » visuellement parlant, elle donne de précieuses informations au lecteur. C’est elle qui fourni un résumé de l’ouvrage. Résumé qui se doit, en seulement quelques lignes, de bien décrire l’histoire développée. de même, la législation impose de faire figurer sur la quatrième de couverture, le numéro ISBN de l’ouvrage, le code barre EAN-13 s’y rapportant ainsi que le prix de vente que vous avez défini.

L’impression des deux premiers exemplaires – La mise en page est terminée, les couvertures également. Il est maintenant temps de passer à l’impression des deux premiers exemplaires. Ceux-ci vous permettront d’effectuer le dépôt légal de votre ouvrage. Pour trouver un imprimeur à la demande et comprendre comment effectuer ces deux premières impressions, rendez-vous ci-dessous, paragraphe « La publication« .

Le Dépôt Légal – Il s’agit d’une étape obligatoire imposée par la législation française. Tout ouvrage sur le point d’être publié et mis à disposition du public (a titre gratuit ou payant), doit faire l’objet d’un dépôt légal auprès de la BnF (Bibliothèque nationale de France). Ce dépôt est totalement gratuit. Il vous faudra cependant remplir le formulaire dédié (soit en le téléchargeant, soit directement en ligne).
Vous devrez compléter le formulaire par l’envoi d’un ou deux exemplaires de votre ouvrage à la BnF. Si vous pensez en tirer plus de trois cents copies, ce sont deux exemplaires qui devront être envoyés. Si au contraire vous prévoyez un tirage de trois cents copies ou moins, il ne vous sera demandé d’en envoyer qu’un seul. L’envoi est à effectuer par voie postale classique. De plus, la loi prévoie que celui-ci est totalement gratuit. Indiquez « franchise postale – Dépôt Légal, article L. 132-1 du code de patrimoine » en lieu en place du timbre poste et postez le tout sans aucun soucis.

La publication – Le plus simple pour vous sera de passer par un site d’impression à numérique à la demande. Ce sont des sites auxquels vous envoyez de façon électronique les fichiers composant votre ouvrage (un fichier pour la partie texte et un autre pour la partir couvertures) et qui vous permettent ensuite de le faire imprimer et relier tel un véritable livre. Certains de ces sites offrent même quelques services supplémentaires, tels que la mise en vente de votre ouvrage dans un espace spécialisé du site. Néanmoins, ces sites ne s’occupent majoritairement que de l’impression. Toutes les étapes de publication citées dans cet article restent de votre responsabilité.
A titre personnel, j’utilise les services proposés par lulu.com (impression à la demande + mise en vente sur le site). Satisfait des services proposés, mes ouvrages sont en vente sur le site lui-même. Cette mise en vente aide les lecteurs à se procurer les ouvrages, mais elle ne remplace en rien les démarches personnelles consistant à faire sa propre publicité. Démarches décrites de façon exhaustive ci-dessous.

La promotion de votre ouvrage – En tant qu’auteur auto-édité la promotion de votre ouvrage dépendra uniquement de votre implication pour le faire connaitre et pour le vendre. Tout d’abord, une fois que avez fixé la date de mise en vente, contactez les médias locaux (journaux, radios et éventuellement chaines de télé). Généralement, la presse écrite régionale dispose d’éditions locales, lesquelles peuvent être intéressées par la publication d’un livre par un auteur du coin. Ce n’est bien sur pas la panacée, mais c’est un bon début pour se faire connaitre dans sa ville. Idem pour les stations radio et chaines de télévision locales, qui pourraient accepter de parler de votre publication. De toute façon, l’envoi d’un mail ou d’un courrier ne coûte pour ainsi dire rien du tout. Vous n’avez donc rien à perdre, et tout à gagner à tenter votre chance.

Vous pouvez également démarcher les librairies situées à proximité de votre domicile. Toutes n’accepteront pas de prendre votre ouvrage mais ce n’est pas grave. D’une part cela vous permettra de vous faire connaitre des professionnels locaux, d’autre part si ne serait-ce qu’un ou deux d’entre eux acceptent de placer votre ouvrage dans sa boutique, ce sera tout bénéfice pour vous. Attention, le fait d’être auto-édité peut rendre votre interlocuteur dubitatif. Soyez donc sûrs de vous et tenez-vous prêts à expliquer les motivations vous ayant poussé à choisir l’auto-édition. Surtout, restez toujours positifs dans vos paroles et votre tenue.

Les salons du livres organisés un peu partout en France tout au long de l’année peuvent être un mode de rencontre privilégié avec vos futurs lecteurs. N’hésitez à vous inscrire dans ces manifestations plus ou moins locales afin d’exposer votre ouvrage et pourquoi de séduire de nouveaux lecteurs.

A l’heure d’internet et du tout numérique, pourquoi ne pas créer un site (ou blog) dont le sujet serait votre ouvrage ? Dans le même genre, vous pourriez également proposer celui-ci en version électronique (fichier au PDF par exemple), ce qui permettrait de le lire directement depuis un ordinateur. N’hésitez pas non plus à parcourir les forums traitants du même genre littéraire, et faites-y votre propre publicité si les règles du forum vous y autorisent.

Que vous utilisiez un style « classique » ou plus personnel, il existe encore bien d’autres moyens afin de faire connaitre votre création. Du moment que vous restez maître des informations que vous diffusez (n’indiquez pas votre adresse ou numéro de téléphone sur un forum par exemple), que vous vous investissez et que vous êtes capable de rester suffisamment humble quant à votre travail, il n’y a pas de raisons que vous ne réussissiez pas un minimum.

Vous avez maintenant les clés pour vous auto-éditer dans les meilleures conditions. Auto-éditer un ouvrage n’est pas chose facile et n’est pas forcément à la portée de tous. Il s’agit malgré tout d’une aventure très enrichissante et procurant beaucoup de fierté lorsqu’elle est menée à son terme. Sachez que si vous parvenez à vendre ne serait-ce que quelques dizaines (et pourquoi pas centaines) d’exemplaires, vous pourrez vous considérer comme ayant pleinement réussi votre auto-édition.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND
Publicités

Quelle licence choisir ?


Si il y a une chose primordiale à laquelle un auteur doit impérativement penser au moment de la publication de son oeuvre, quelle qu’elle soit, c’est bien la licence qui en régira les droits d’utilisation. Réduirez-vous au maximum les droits d’utilisation accordés à vos lecteurs, les autoriserez-vous à faire ce que bon leur semble de votre oeuvre , ou bien opterez-vous pour une solution intermédiaire ?

Tout d’abord, sachez que selon la législation française le simple fait de créer votre oeuvre (un texte, poème, dessin…) suffit à la protéger. Légalement vous n’avez donc aucune démarche à faire afin de faire valoir vos droits d’auteur. Ils vous sont attribués automatiquement du simple fait de la création de votre oeuvre. Cependant, en cas de conflit avec un tiers au sujet de la paternité de votre oeuvre, les juges apprécieront fortement que vous puissiez fournir des preuves attestant que vous en êtes bien l’auteur. Plusieurs types de preuves peuvent être fournies, certaines ayant plus ou moins de valeur.
Vous pouvez par exemple vous envoyer à vous-même, par courrier recommandé avec accusé de réception, votre oeuvre. N’ouvrez jamais l’enveloppe et conservez tous les documents attestant de la date l’envoi et de la réception. Néanmoins, en cas de conflit, l’avocat de la partie adverse pourrait relativement facilement rendre cette preuve comme nulle, puisqu’il est assez aisé d’accéder au contenu de l’enveloppe, même si celle-ci semble n’avoir jamais été ouverte.
L’idéal serait donc de faire un dépôt auprès d’un huissier de justice. Là, toujours en cas de conflit, la partie adverse aura toutes les difficultés du monde à combattre cette preuve. Vous allez me dire que déposer un manuscrit (ou autre), à différentes étapes de sa création, auprès d’un huissier n’est pas à la portée de toutes les bourses, et vous aurez tout à fait raison. C’est pourquoi il existe des services de ce type sur internet. Des sites proposant de déposer à votre compte vos création auprès d’huissiers de justice partenaires et vous assurant la délivrance de documents officiels émis par cet huissier en cas de conflit judiciaire. A titre personnel, j’utilise ce site. Je n’ai jamais eu à utiliser les services proposés en cas d’action en justice, mais ses tarifs attractifs et ses services proposés en cas de besoin me satisfont.

Pour en revenir aux différents types de licences existants, vous devez dans un premier temps vous demander quelles sont les libertés que vous souhaitez offrir à vos lecteurs. Si vous souhaitez uniquement leur permettre de lire votre oeuvre et d’en faire des copies à titre privé et personnel, vous opterez pour le droit d’auteur tout ce qu’il y a de plus classique.
Inversement, si vous souhaitez leur permettre de faire absolument tout ce qu’ils veulent de votre oeuvre, vous pouvez la placer dans le domaine public. Vous n’aurez alors plus aucun droit sur celle-ci. Vous pourrez bien sur l’utiliser comme bon vous semblera, mais tout le monde pourra en faire autant selon ses propres envies. Néanmoins, bien que quiconque pourra adapter, modifier, transformer votre oeuvre sans vous en demander l’autorisation, vous en conserverez malgré tout la paternité. Rien de plus.
Si aucune de ces deux solutions ne vous convient, parce que vous ne souhaitez pas « brider » vos lecteurs, tout en conservant un minimum de contrôle sur l’utilisation qui peut-être faite de votre oeuvre, vous avez la possibilité la placer sous l’une des six licences Creative Commons existantes. Vous pourrez alors, selon la licence choisie, d’autoriser ou non la libre diffusion de votre oeuvre, d’autoriser ou non son exploitation à des fins commerciales, ou encore, entres autres, d’autoriser ou non que des modifications y soient apportées…

Tout comme le droit d’auteur « classique », l’ensemble des licences Creative Commons ont une valeur légale. C’est à dire qu’elles sont reconnues par la législation. Les droits que vous réservez sont donc aussi bien protégés.
Au final, quelque soit la licence que vous adopterez -hors domaine public-, vous resterez totalement libre d’accorder des droits étendus à qui bon vous semblera. Vous pourrez également modifier la licence sous laquelle votre oeuvre est diffusée. Passer d’un « droit d’auteur classique » à une licence Creative Commons, par exemple, ne pose en soit aucun problème. L’inverse est un peu moins vrai puisqu’il s’agirait d’appliquer des restrictions nouvelles sur l’utilisation de votre oeuvre.
Prenez donc un petit de réflexion lors de la publication de vos oeuvres, pour  décider la licence sous laquelle vous allez les diffuser.

Personnellement, la totalité de mes textes publiés sur internet ainsi que les articles de ce site le sont sous licence Creative Commons. Il peut m’arriver, selon les cas, d’utiliser l’une ou l’autre de ces licences Creative Commons, mais en règle générale j’opte soit pour la BY-NC-SA soit pour la BY-NC-ND, selon le type de texte (fiction ou article) que je publie.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND