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Plus dure sera la chute


image issue du site : http://revuevirages.com/

La nouvelle est un genre littéraire à part entière qu’il ne faut en aucun cas aborder de la même façon qu’un roman. Chacun possède ses caractéristiques propres et se différencie grandement de l’autre.

Alors que le roman raconte de façon précise, détaillée et évoluée une histoire, la nouvelle, elle, se doit d’être relativement courte, assez peu détaillée, et surtout de se terminer par une chute le plus inattendue possible.
De fait, une nouvelle ne doit mettre en scène qu’un nombre restreins de personnages, lesquels ne seront pas nécessairement décris dans les détails. De même, une nouvelle doit se dérouler à un rythme relativement élevé. Il n’y a pas de place de longs passages descriptifs, ou pour des scènes plates, sans action et rebondissement. Généralement, une nouvelle comporte une dizaine de pages au maximum. Ce n’est pas une règle écrite, mais c’est ce qui fait dans la grande majorité des cas, en particulier en ce qui concerne les concours de nouvelles.

Pour corser le tout, la nouvelle se doit de finir pas une chute. Bien que tout écrivain soit plus ou moins capable d’écrire une histoire sous forme de nouvelle, le plus difficile dans cet exercice périlleux reste la chute. L’élément final qui donne tout son sens à ce genre littéraire si riche et si particulier.
Car une chute doit se préparer tout au long de l’histoire. Il faut l’anticiper du début à la fin, sans pour autant la dévoiler par avance. tous les éléments de l’histoire doivent absolument pouvoir être expliqués par la chute. A titre d’exemple, la dernière nouvelle que je viens d’écrire, à l’occasion d’un concours, raconte l’histoire d’une expédition spatiale devant conduire des Hommes sur une planète éloignée de plusieurs années lumière… et se termine par un enfant jouant à jeu de construction mondialement connu. Le tout en seulement trois pages. Allez faire le lien entre ces deux éléments sans les avoir anticipés et construits dès le début… C’est tout bonnement impossible.
Une bonne chute doit obligatoirement prendre le lecteur à contre pied total. Il faut qu’il ne s’y attende pas du tout. Moins il s’y attendra, meilleure sera votre nouvelle. Néanmoins, certains types de chutes classiques, telles que « c’était un rêve », sont à manier avec grande précaution, en particulier en fantasy et science-fiction. Un tel dénouement ayant pour conséquence d’envoyer au lecteur le message que toute l’histoire qu’il vient de lire, et donc d’imaginer, n’avait rien de réel. Une histoire appartenant à ces genres étant par définition irréelle, si en plus le héros lui-même ne l’a pas vécu, c’est un grand risque de déception pour le lecteur final, qui restera nécessairement sur sa faim.

Pour terminer, il est important de signaler qu’une nouvelle peut, tout comme un roman, appartenir à différents genres littéraires sans que cela ne pose de problèmes. De même, chaque auteur peut, et doit, y apporter sa propre touche personnelle.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

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  1. 14 octobre 2012 à 16:41

    Pas toujours évident de trouver LA chute. J’ai toujours la vague sensation que toutes les pistes possibles pour une bonne chute ont déjà été explorées. Certaines, comme le rêve, ont tellement été utilisées, qu’on les voit venir et, comme tu l’écris, nous déçoivent. Ce que l’on recherche dans la nouvelle, c’est l’inédit qui va nous surprendre.

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