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Rompre un contrat d’édition à compte d’éditeur


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Un contrat d’édition à compte d’éditeur est un contrat au même titre que celui vous liant à votre banque ou à votre opérateur téléphonique. Il comprend des clauses en tous genres, et se doit d’être respecté aussi bien par vous que par votre éditeur. Dans le cas contraire, il est tout à fait possible de le rompre. En voici quelques exemples.

Tout d’abord, n’hésitez à vous rendre sur cette page afin de voir à quoi ressemble un vrai contrat d’édition à compte d’éditeur. Il s’agit de l’un des contrats (anonymisé) signé avec une jeune auteur lorsque je gérais encore ma maison d’édition. De petites choses peuvent varier d’un contrat à l’autre, mais un vrai contrat d’édition à compte d’éditeur se doit globalement d’y ressembler.

Cas dans lesquels l’éditeur peut casser le contrat :

  • Il se rend compte, à posteriori, que l’ouvrage dont fait l’objet le contrat d’édition n’est pas original
  • L’auteur ne se plie à ses obligations quant à la remise du manuscrit et à la validations des corrections/modifications

Il ne s’agit pas là d’une liste exhaustive, mais elle représente les principaux « risques » d’annulation du contrat pour l’auteur.

Cas dans lesquels l’auteur peut casser le contrat :

  • Le non respect des différentes clauses (délai de publication, modification du manuscrit sans autorisation de l’auteur, manquement à la diffusion et à la publication de l’œuvre*, œuvre devenue indisponible…) normalement stipulées dans la partie « Obligations de l’éditeur ». Si jamais un éditeur vous propose un contrat dans lequel il ne liste aucune de ces (ses) obligations, fuyez-le sans réfléchir et surtout ne signez pas ce contrat.
  • Non respect/paiement des droits d’auteur dans les délais et dans la forme, ainsi que le non respect des cessions de droits d’auteur. Votre éditeur ne peut « profiter » que des droits que vous lui avez contractuellement cédé. En outrepassant ses prérogatives, il s’expose à des poursuites judiciaires et à ce que vous fassiez annuler le contrat original.
  • Intégration des droits cinématographiques  au contrat d’édition. Le contrat d’édition ne doit EN AUCUN CAS porter sur les droits cinématographiques liés à votre œuvre. Si l’éditeur souhaite que vous lui cédiez ces droits là, il doit vous faire un contrat à part. C’est la législation qui le veut. Dans le cas où l’éditeur ne respecterait pas cette obligation, le contrat d’édition en lui-même deviendrait illégal.
  • L’éditeur refuse de remettre un exemplaire du contrat à l’auteur. Comme pour n’importe quel contrat de la vie courante, les deux parties doivent en posséder un exemplaire. Dans le cas contraire, l’auteur est en droit de’n demander l’annulation, voir d’aller en justice.

Quelles que soient les raisons qui pourraient vous pousser à vouloir casser votre contrat d’édition, faites-le dans les règles. A savoir en en informant votre éditeur par courrier recommandé avec accusé de réception. Indiquez lui alors clairement quelque chose comme :  « Je vous somme, dans un délais de X jours/semaines à compter de la réception de ce courrier, de régulariser les points cités ci-dessus. Sans quoi je me verrais dans l’obligation de dénoncer le contrat d’édition me liant à vous, pour non respect de la clause X ».

Une fois le délai laissé à l’éditeur passé, si vous n’avez aucune réponse de sa part et si il n’entends pas régulariser la situation, envoyez lui un autre recommandé avec accusé de réception stipulant cette fois que vous mettez un terme à votre contrat à l’issue du délai de prévenance.
Gardez tout de même bien en tête que rompre un contrat de façon unilatérale n’est pas une chose anodine, et assurez-vous, avant de passer à l’action, que vous soyez dans votre bon droit. Dans le cas contraire, certains éditeurs pourraient très bien ne pas l’accepter et pousser l’action en justice. L’idéal, avant toute « attaque » liée aux termes précis du contrat d’édition étant tout de même d’essayer de régler le problème existant de façon calme et posée, par le dialogue.

Aussi, cet article n’est fourni qu’à titre indicatif et ne saurait en aucun cas me tenir pour responsable des actions que vous seriez amené à engager à l’encontre de votre éditeur suite à sa lecture.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

* Un éditeur a l’obligation, dès la signature du contrat, de s’engager sur le fait que l’œuvre sera effectivement publiée et diffusée. Il s’agit là d’une clause essentielle, laquelle doit absolument être inscrite noir sur blanc. Merci @TheSFReader  pour m’avoir signalé ce petit oubli.

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