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Le personnage principal : reflet de l’auteur ?


Le personnage principal d’un roman, c’est un peu comme sa vitrine. C’est celui que les lecteurs vont côtoyer tout au long de l’histoire, et qui les entraînera d’une intrigue à l’autre sans frémir. Le personnage principal, c’est celui sur lequel l’auteur place tous ses espoirs pour donner un sens à son histoire. Aussi, le personnage est-il le reflet de l’image de son auteur ?

Reconnaissons-le, il existe autant de types de personnages principaux qu’il y a d’auteur. Et d’un point de vue purement éditorial, ce n’est pas une mauvaise chose. Loin s’en faut. Quoi que bien souvent, il s’agisse d’un jeune homme de taille et corpulence moyenne, au physique agréable, sans grande personnalité, lequel est accompagné, plus ou moins tardivement dans l’histoire, d’une jeune femme bénéficiant étrangement des mêmes qualités… Peut-être est-ce tout simplement parce que ceci paraît plus vendeur. Ou tout simplement par manque d’originalité. Ou peut-être… les deux.
Même dans ce cas, où le personnage principal semble n’être qu’un vulgaire copier/coller maintes et maintes fois répété, la personnalité de l’auteur transparaît allègrement. Reprendre des codes vieux comme le monde, parer au plus simple, se satisfaire du minimum… voici qui n’est guère flatteur pour un auteur. Pourtant, le jeune homme en question pourrait fort bien être doté d’une personnalité à part, ce qui reléguerais alors son physique d’apollon au second plan. Mais là encore, il serait nécessaire pour cela de pouvoir faire preuve d’inventivité. Heureusement, tous les auteurs ne sont pas comme ça, et nombreux aussi sont ceux qui innovent et n’hésitent pas à casser les codes « à la mode ».

Aussi, les auteurs qui prenant réellement le temps de créer un personnage véritablement original, le font généralement selon des critères qui lui sont propres. Puisqu’il s’agira du héros de l’histoire, la tentation est très forte de le reproduire, par exemple, soit à son image, soit à l’image de ce qu’il aimerait être.
Dans le premier cas, celui du héros dépeint à l’image de l’auteur, cela peut être soit le signe d’une certaine forme d’égocentrisme entraînant un besoin incontrôlable de se présenter soi-même en tant que héros, mais aussi une forme d’auto-critique, dans le cas où les traits de caractères décrits laisseraient clairement à penser qu’il ont été volontairement grossis.
Dans le deuxième cas, l’auteur peut être incité à imaginer son personnage tel qu’il aimerait lui-même être dans la vie réelle. Il s’agit là d’une sorte de rejet de la réalité. Un rejet qui pousse l’auteur à créer un personnage dans la peau duquel il aimerait se trouver dans la vie de tous les jours. Ce personnages n’est pas nécessairement parfait sous tous rapports, mais il possède généralement des qualités et caractéristiques évidentes que l’auteur se sait ne pas avoir. Dans ce cas, l’auteur est capable de s’analyser lui-même, du moins en partie. Il sait reconnaître qu’il est loin d’être parfait, mais il n’est pas capable, où il ne se sent pas les moyens, d’évoluer dans sa vie tel qu’il le souhaiterait. Il se rabat alors sur son personnage principal, et le rends aussi bon qu’il aimerait l’être.
Le troisième cas est celui où l’auteur fait fi des précédentes analyses, et où son seul objectif est de créer un personnage principal qui serait l’anti-thèse du héros existant habituellement. Il cherche alors à prendre le contre-pied de tout ce qui existe déjà. Là, l’auteur donne des signes de rejets de ce qu’il considère être la mode actuelle, et cherche à imposer son propre style, quitte à aller envers et contre tout.

Finalement, dans la grande majorité des cas, le héros est fabriqué, de façon inconsciente, sous une forme qui permettrait de le classer dans au moins deux des trois catégories d’analyses citées ci-dessus. Il n’est ainsi pas rare qu’un personnage principal soit à la fois un proche reflet de l’auteur, lequel serait tout de même très légèrement adapté, dans le but de le faire ressembler encore plus à ce que l’on souhaiterais être.
Bien sur, cette réflexion est valable pour tous les auteurs en général, y compris moi, qui n’échappe évidement pas à la règle. Seuls les personnages principaux non humains pourraient éventuellement ne pas s’y rattacher. Quoi qu’il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’ils adhèrent, eux aussi, à cette règle.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

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