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Pourquoi placer mes textes sous licences Creative Commons ?


Alors que ces derniers temps la question des droits d’auteur revient de plus en plus sur la table, aussi bien dans les domaines de l’écriture, du cinéma, ou encore de la musique, pourquoi avoir chois de placer mes textes et ouvrages sous des licences Creative Commons ?

Tout d’abord, il faut se replacer dans le contexte originel. Au départ, lors de leur création il y a plusieurs siècles, les droits d’auteur avaient pour but de permettre à un auteur de pouvoir vivre de son travail créateur, le temps pour lui de créer une nouvelle oeuvre qui à son tour le ferait vivre.
Alors que les moyens de communication et de reproduction étaient extrêmement limités, il n’était techniquement pas possible de rentabiliser ses créations aussi rapidement que de nos jours avec internet.

Aujourd’hui, avec l’avènement de l’informatique, d’internet et des nouvelles technologies dans leur ensemble, une oeuvre peut-être diffusée à travers le monde en seulement quelques clics. Cela ne présage en rien de son impact culturel, mais elle reste néanmoins accessible à la planète entière ou presque.
Pourtant, sous l’influence de quelques grande sociétés internationales qui ont fait du « commerce de biens culturels » leur seule et unique source de profit, la durée de protection des droits d’auteur n’a jamais cessé de s’accroître. En France, pays signataire de la convention de Berne, une oeuvre est protégée soixante-dix ans après le décès de son auteur. C’est à dire que même une fois l’auteur décédé, ses héritiers continueront de toucher des droits d’auteur sur quelque chose qui leur est totalement étranger.

Aussi, qu’un auteur (quelque soit son domaine) puisse vivre, ou du moins espérer vivre, de ses créations durant quelques années est tout à fait normal. Par contre, qu’une seule oeuvre, si elle connait un grand succès, lui permette de vivre sans rien faire du reste de sa vie, cela devient déjà un peu plus limite. Mais encore quand en plus cette seule oeuvre fait également vivre sa descendance, qui n’a jamais rien créé de sa vie, ça devient là totalement absurde.
D’autant plus qu’il ne faut pas se borner. Ce ne sont pas les petits auteurs/créateurs/interprètes… qui bénéficient de ce système. Non, ce sont ceux publiés/produits par les grands groupes de « l’insdustrie culturelle ». Des groupes qui gagnent des milliards d’euros chaque année mais qui ne cessent de se plaindre à longueur de temps en gémissant qu’ils sont en « danger », qu’il faut les « protéger » encore un peu plus chaque jour qui passe. Des groupes qui ne proposent aucune innovation, aucune réelle nouveauté, et qui se gavent sur le dos des consommateurs ainsi que sur celui de bien des artistes (mis à part les véritables stars, qui elles sont bien sur gagnantes) en jouant uniquement sur des droits d’auteur particulièrement restrictifs et en réduisant les possibilités d’accès à la culture.

Voilà tout ce que je refuse. Bien sur, mon choix de diffuser mes textes et ouvrages sous diverses licence Créatives Commons n’a au final qu’assez peu d’influence sur leur diffusion.
Néanmoins, cela laisse de plus grandes libertés à mes lecteurs, qui sont, par exemple, libres de les diffuser à leur tour, gratuitement, à qui bon leur semble. Ainsi, contrairement au « monde fermé » que voudrait imposer la puissante « industrie culturelle », je contribue, très modestement et à ma façon, à la liberté d’accès à la culture.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND
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